Un faisceau de lumière.
Michèle GuiGon s'y glisse et, avec malice et tendresse, se raconte.
Des parents formidables et aimants, des camarades de maternelle morveux ou un peu trop gros, une enfance alsacienne, des hauts et des bas. Rien d’héroïque : la vie comme elle va, dans le prosaïque et le quotidien. Et puis le cancer… Rien de très héroïque non plus dans la mesure où le nombre des gagnants à cette loterie-là dépasse largement celui du loto.
Ses parents la voyaient docteur, elle se voulait artiste : "Je n'ai pas fait médecin, j'ai fait malade, c'est dans la même branche."
C’est donc mine de rien, comme en douce, qu'elle annonce cette épreuve.
Avec humilité, une infinie décence, une délicatesse poignante et une simplicité tordante de drôlerie, Michèle GuiGon raconte l’ordinaire de ce curieux combat, avec des mots aussi élégants que celle qui les formule, car elle possède le don précieux de capter l’extraordinaire dans la banalité du quotidien.
Construit avec précision, le spectacle évoque non seulement la maladie, mais également tout ce qui amoindrit et ralentit l’existence : le temps qui passe, l’âge qui transforme les corps, la vue qui baisse et qui rend moins visible, la perte des cheveux et celle des illusions. Puis, lorsque l'émotion est trop forte pour la dire, elle enfile les bretelles de son accordéon qu'elle place sur son coeur pour apprivoiser les peurs. Des chansons douces émaillent le récit de cette vie qu'elle traverse en artiste.
En se réappropriant le monde, Michèle GuiGon nous fait voir l'existence sous un autre éclairage, plus vif et plus enjoué.
Solo de et par Michèle GuiGon
Coécriture Susy Firth
Mise en scène Susy Firth et Anne Artigau
Lumières Marie Vincent
Coproduction Compagnie du P’tit Matin,
Durée 1h20
www.cie-ptitmatin.com