Daniel Keene – Robert Bouvier
Cinq hommes travaillent sur un chantier.
Ils s’appellent Luca, Samir, Edvard, Slavko et Janos. Ils ont parcouru des chemins différents pour des raisons identiques. Qu’ils viennent d’Europe ou d’Afrique, ils n’ont pas de papiers et le hasard les a réunis sur le même échafaudage pour construire le même mur.
Depuis maintenant trois mois, leur vie consiste à grimper, dès l’aube, dans un vieux camion déglingué et le soir, à rentrer par ce même engin chaotique, jusqu’à un baraquement si déprimant que, la plupart du temps, ils le fuient pour aller boire dans un bistrot plus ou moins glauque. Boulot, goulot, dodo, en quelque sorte.
La guerre, la famine ou un régime totalitaire ont arraché à leur pays ces hommes privés d’éducation, qui se retrouvent confrontés à leurs semblables dont ils ne partagent ni les valeurs, ni les traditions.
La promiscuité exacerbe les tensions entre ces exilés aux destins contrariés qui doivent apprendre à se parler et à tolérer l’autre dans son identité la plus intime.
Peu d’auteurs dramatiques se sont penchés sur les conditions de vie des journaliers, ces travailleurs étrangers engagés sur les chantiers pour des périodes allant de quelques jours à plusieurs mois.
Pour Daniel Keene, dramaturge australien, les personnages sont avant tout des gens dénués de privilèges, qui n’ont aucun « statut », qui n’ont aucun pouvoir. La force irrésistible de cette pièce vient de ce qu’elle nous met face à cette impuissance désarmante.
Entre réalisme brut et poésie, rire et boule au ventre, ce spectacle venu de Suisse, bouleverse par son intensité. On en ressort le cœur et l’esprit grands ouverts.
De Daniel Keene — Mise en scène Robert Bouvier — Avec Antonio Buil, Dorin Dragos, Abder Ouldhaddi, Boubacar Samb, Bartek Sozanski — Scénographie Xavier Hool — Lumières Laurent Junod — Son Lee Maddeford — Costumes Janick Nardin et Caroline Chollet — Vidéo Sébastien Baudet — Direction technique Dominique Dardant — Coproduction Compagnie du Passage-Neuchâtel, Le Poche-Genève et Neuchàtoi — La Compagnie du Passage bénéficie du soutien de la Loterie Romande, de Pro Helvetia - Fondation Suisse pour la culture, de la CORODIS, des Départements des Affaires culturelles du Canton et de la Ville de Neuchâtel et du Syndicat Intercommunal du Théâtre Régional de Neuchâtel
Durée 1h40