Oriza Hirata – Laurent Gutmann
Marie, jeune enseignante française, meurt brutalement dans sa maison de Tokyo. Ses parents et son frère débarquent de France. C’est leur premier voyage au Japon depuis que Marie y a épousé Takeo, il y a six ans. Ils sont directement confrontés à leur gendre, à sa jeune sœur Yukiko et au préposé des pompes funèbres pour la mise en place des obsèques selon le rite japonais.
Nous sommes le soir de la veillée funèbre, dans la pièce principale d’une maison traditionnelle. Le corps repose à côté. Tout le monde a bu le saké et parle beaucoup pour taire sa douleur. Tous sont unis dans la souffrance mais peinent pourtant à s’entendre.
Nulle noirceur pourtant dans ce constat, tant ces incompréhensions débouchent souvent sur le rire. Et si c’était par lui, finalement, qu’un dialogue s’amorçait ?
Une veillée mortuaire, pour tout dire, réjouissante ! Des parents qui manquent de souplesse corporelle pour s’asseoir sur leurs genoux et vivent un vrai calvaire, l’arrivée impromptue d’un ex-mari français de la défunte qui, en coulisse, échange des coups avec l’ordonnateur des pompes funèbres. Dans un décor minimaliste, cinq comédiens français et trois japonais s’expriment dans leur langue respective. Deux approches de la vie et de la mort, deux humours, deux cultures où la sincérité de la douleur n’empêche pas une certaine cocasserie.
La pièce, écrite par le jeune auteur Oriza Hirata et montée par Laurent Gutmann est jouée dans les deux langues, sans sur-titrage pour permettre au spectateur de se retrouver dans la même situation que les protagonistes.
Chants d’Adieu tisse, avec un humour délicat, les liens ténus qui rendent vivable l’humaine condition.
De Oriza Hirata — Traduit du japonais par Yutaka Makino — Mise en scène Laurent Gutmann — Avec Adrien Cauchetier, Bruno Forget, Reina Kakudate, Annie Mercier, Jean-Jacques Moreau, Hiroshi Ota, Catherine Vinatier, Kenji Yamauchi — Scénographie Laurent Gutmann — Collaboration à la scénographie Aiko Harima — Lumières Gilles Gentner — Son Madame Miniature — Costumes Axel Aust — Production Centre Dramatique de Thionville-Lorraine — Coproduction Théâtre Setagaya / Tokyo — Avec le soutien de la Japan Foundation — Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National — Texte publié aux Editions Les Solitaires Intempestifs
Durée 1h30