Nicolas Lambert
Nicolas Lambert est un comédien citoyen. Au printemps 2003, il suit le procès Elf qui se tient à Paris en se faisant passer pour un journaliste. Quatre mois d’audiences dont il retient tout : le ton mordant et le regard inquisiteur du Président Desplan, la gouaille parfois menaçante d’Alfred Sirven, l’art consommé de la langue de bois d’André Tarallo ou le troublant mélange de suffisance et d’humilité de Loïk Le Floch-Prigent. Avec un sens aiguisé de la dramaturgie, Nicolas Lambert transporte la 11e chambre correctionnelle de Paris à notre porte. Il restitue des dialogues dignes de Michel Audiard, note les petites lâchetés, les demi-vérités, les vrais mensonges et les faux aveux qui ont jalonné l’instruction de ce véritable « casse du siècle » où s’entremêlent intérêts pétroliers et déboires conjugaux, hommes d’Etat et hommes de main. Les dialogues sont authentiques et la mauvaise foi qu’ils révèlent est simplement incroyable.
Durant deux heures haletantes et passionnantes, ce comédien magistral partage avec nous ce nécessaire moment d’utilité publique drôle et consternant. Il joue avec une jubilation communicative tous les personnages en même temps dans une esthétique reproduisant l’humanité et la théâtralité d’un tribunal.
De et par Nicolas Lambert — Musique Hélène Billard et Seydina Insa Wade — Lumières Erwan Temple
Durée 2h45 avec entracte