Beaumarchais – Brice Coupey
L’homme est un peu fatigué. Il arrive enfin au champ de foire, les yeux à la recherche d’un endroit propice. Satisfait, il fait glisser de son dos son castelet de fortune : quatre bouts de bois, un tissu rouge en guise de rideau et ce petit fronton coloré sur lequel il a peint les deux masques de la comédie et de la tragédie.
De sa besace, il sort quatre marionnettes qu’il habite tour à tour de sa main et qui s’incarnent alors en Jean Bête, saltimbanque amoureux, en Isabelle, amoureuse languissante, en Cassandre, père acariâtre ou en Gilles, valet enfariné à l’humeur chagrine. L’homme enfile sa peau d’Arlequin et raconte son histoire : Jean Bête est amoureux à la frénésie de la belle z’irsabelle. Mais le père s’oppose à un mariage pourtant consommé, nous le savons bien, depuis belle lurette.
Les principaux personnages de la Commedia dell’arte sont plantés et le spectacle peut commencer. Depuis que le roi a chassé les Italiens, les marionnettes sont devenues un des rares moyens de critiquer les mœurs des puissants.
Brice Coupey, seul en scène, mène son petit monde par le bout du nez et orchestre une pièce insolente et crue à un rythme d’enfer.
Texte Beaumarchais — Conception et interprétation Brice Coupey — Mise en scène Sophie Mercier — Costumes Jean-Philippe Desrousseaux — Masque Louis Cousquer — Lumières Christian Remer
Durée 55 minutes