Gilles Berry – Jean-François Maurier
C’était la dernière, la der des ders.
On sait tout sur cette guerre de 14 -18, qu’elle était absurde et injuste, qu’elle a fait des millions de morts, dans des kilomètres de tranchées infestées de rats.
Que sait-on des poilus, de ces hommes meurtris, de leurs larmes et de leur douceur ? Les a-t-on assez écoutés ?
Ces contes de tranchées nous parlent d’eux, face à la mitraille et sous les bombes, à une portée de voix des ennemis vert-de-gris, gelés comme eux, la peur au ventre comme eux. Ils parlent de cette fois où un obus de 75 arrose la tranchée de sable. La gamelle est perdue et le soldat affamé se rue en face, avise un allemand, lui jette de la terre dans son ragoût, fraternise et repart avec une saucisse. Voilà ce que raconte le poilu enterré pendant que l’arrière parle d’épopée et de conquêtes.
Gilles Berry, comédien habité, compose une suite de petits portraits drolatiques dessinés au milieu de l’enfer. A sa manière et avec rage, il écrit son histoire des tranchées, à l’écart du pathos, au plus près de l’humain. Son humour scandaleux est à la hauteur de l’absurdité de cette boucherie sans nom où l’état-major déplace des lignes, l’arrière chante la victoire et le soldat se pinte le nez en rouge pour oublier sa détresse.
Texte et mise en scène Jean-François Maurier — Avec Gilles Berry — Lumières Pedro Turuelo — Son Jérôme André — Dispositif scénique Patrick Remeaud et Jean-Pierre Girbes — Costumes Isabelle Turuelo — Production l’ARC Scène Nationale, Le Creusot – la Compagnie Le Crik
Durée 1h15